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La Belgique a vendu des armes à une unité libyenne qui serait responsable de crimes de guerre
Les armes vendues par la Belgique à la Libye en 2009 étaient explicitement destinées à la 32e Brigade de l’armée libyenne, la “Brigade Khamis”, dirigée par l’un des fils du colonel Kadhafi.
Selon des télégrammes diplomatiques révélés par WikiLeaks, l’administration américaine considérait que la Brigade Khamis était largement reconnue comme étant “la force la mieux entrainée et la mieux équipée de l’armée libyenne” et “la mieux à même de défendre le régime”.
C’est à cette même Brigade Khamis que la FN Herstal, contrôlée par la Région Wallone de Belgique, a vendu 367 F2000, accompagnés de 367 P90 (voir les articles précédents), de 367 pistolets 5.7, de 50 pistolets “de luxe”, de 30 Minimi, de 22.000 grenades pour fusils d’assaut (grenades 40mm pour fusils d’assaut), et de 1.134 million de munitions pour ces armes, ainsi que de 2.000 FN 303. Le contrat, d’un montant de 12,182 millions d’euros, a été signé le 11 juillet 2008. Les armes ont été livrées en 2009.
Observez attentivement la photo qui débute cet article. Elle a été prise par une équipe de Human Rights Watch, près de Tripoli, le 29 août dernier. Si vous avez lu les articles précédents concernant les F2000 belges vendus à la Libye, votre regard devrait être attiré par un graffiti, sur la droite de l’image. On y lit : اللواء 32 المعزز, référence à la Jafl al-Khamis, la 32e Brigade “Khamis”. Cette inscription, nous l’avions retrouvées sur les F2000 belges ainsi que sur la carte d’identité d’un soldat capturé à Misrata, dans un article précédent.


Mais quelle importance peut bien avoir ce bâtiment marqué du sceau de la 32e Brigade?
Ce bâtiment, et le hangar adjacent, situés près de Tripoli, appartenaient selon HRW à la 32e Brigade. Dans le hangar, Human Rights Watch a trouvé les restes carbonisés de 45 personnes.
Selon des éléments trouvés sur place et plusieurs témoignages récoltés par HRW, ces 45 personnes, détenues par la 32e Brigade, apparaissent avoir été exécutées sommairement le 23 août 2011, au moment de la chute de Tripoli.
Human Rights Watch a inspecté les restes des 45 corps, le 27 août. Les corps étaient dispersés dans un hangar du quartier Khalida  Ferjan, à Salahaddin, au sud de Tripoli, flanquant la base militaire de Yarmouk. Au moins deux corps ont été trouvé à l’extérieur, non-brûlés.
“Malheureusement ce n’est pas la première preuve macabre d’exécutions de détenus dans les derniers jours du contrôle de Tripoli par le gouvernement de Kadhafi”, affirme Sarah Leah Whitson, directrice de la brance Moyen-Orient et Afrique du Nord chez Human Rights Watch.
Selon le témoignage d’un survivant, Abdulrahim Ibrahim Bashir, 25 ans, les détenus ont été exécutés le 23 août à la fin du jour par des soldats de la 32e Brigade se trouvant sur le toit du hangar, ainsi que par un soldat ayant jeté des grenades à l’intérieur depuis l’une des porte du bâtiment.
Un autre survivant, Moiayad Abu Ghraim, 28 ans, affirme que le commandant supervisant le hangar était Muhammad Mansour, de la Brigade Khamis. Aucun des deux hommes ne l’ont rencontré.
La majorité des détenus était des civils accusés de soutenir les rebelles, sans qu’aucune charge ne soit portée contre eux. 
Human Rights Watch rappelle dans son rapport que “selon les règlements humanitaires internationaux, applicables durant un conflit armé, les violences faites aux personnes, en particulier le meutre de tous types de civils et de non-combattants, comme les détenus par exemple, sont toujours strictement prohibés et constituent des crimes de guerre.”
Selon les éléments récoltés par Human Rights Watch, la 32e Brigade “Khamis”, Brigade à laquelle la Belgique a vendu des armes en 2009, serait donc responsable de crimes de guerre. A ce jour, il n’y a pas assez d’éléments pour établir avec quelles armes ces exécutions ont été menées.
Un autre élément à charge de la 32e Brigade est apporté par le témoignage d’un mercenaire touareg dont l’unité fut rattachée à la Brigade Khamis pour disperser les manifestants non-armés à Tripoli : “C’était facile”, affirme nonchalamment le mercenaire, “Nous en tuons trois ou quatre dans les premiers rangs et ils fuyaient tous. C’était très facile.”
update 17 octobre 20h15 : selon un article de Bloomberg, citant le Pentagone, la 32e Brigade était composée de 10.000 hommes. Hors, c’est le nombre 367 qui revient dans la commande passée à la Belgique. 367 F2000, 367 P90 et 367 5.7. Vraisemblablement, ces armes devaient être destinées à une unité particulière au sein de la brigade.
—
Le rapport de Human Rights Watch est disponible en anglais.
L’image en tête de cet article est (c) HRW 2011, reproduite uniquement à des fins d’information.
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La Belgique a vendu des armes à une unité libyenne qui serait responsable de crimes de guerre

Les armes vendues par la Belgique à la Libye en 2009 étaient explicitement destinées à la 32e Brigade de l’armée libyenne, la “Brigade Khamis”, dirigée par l’un des fils du colonel Kadhafi.

Selon des télégrammes diplomatiques révélés par WikiLeaks, l’administration américaine considérait que la Brigade Khamis était largement reconnue comme étant “la force la mieux entrainée et la mieux équipée de l’armée libyenne” et “la mieux à même de défendre le régime”.

C’est à cette même Brigade Khamis que la FN Herstal, contrôlée par la Région Wallone de Belgique, a vendu 367 F2000, accompagnés de 367 P90 (voir les articles précédents), de 367 pistolets 5.7, de 50 pistolets “de luxe”, de 30 Minimi, de 22.000 grenades pour fusils d’assaut (grenades 40mm pour fusils d’assaut), et de 1.134 million de munitions pour ces armes, ainsi que de 2.000 FN 303. Le contrat, d’un montant de 12,182 millions d’euros, a été signé le 11 juillet 2008. Les armes ont été livrées en 2009.

Observez attentivement la photo qui débute cet article. Elle a été prise par une équipe de Human Rights Watch, près de Tripoli, le 29 août dernier. Si vous avez lu les articles précédents concernant les F2000 belges vendus à la Libye, votre regard devrait être attiré par un graffiti, sur la droite de l’image. On y lit : اللواء 32 المعزز, référence à la Jafl al-Khamis, la 32e Brigade “Khamis”. Cette inscription, nous l’avions retrouvées sur les F2000 belges ainsi que sur la carte d’identité d’un soldat capturé à Misrata, dans un article précédent.

Mais quelle importance peut bien avoir ce bâtiment marqué du sceau de la 32e Brigade?

Ce bâtiment, et le hangar adjacent, situés près de Tripoli, appartenaient selon HRW à la 32e Brigade. Dans le hangar, Human Rights Watch a trouvé les restes carbonisés de 45 personnes.

Selon des éléments trouvés sur place et plusieurs témoignages récoltés par HRW, ces 45 personnes, détenues par la 32e Brigade, apparaissent avoir été exécutées sommairement le 23 août 2011, au moment de la chute de Tripoli.

Human Rights Watch a inspecté les restes des 45 corps, le 27 août. Les corps étaient dispersés dans un hangar du quartier Khalida  Ferjan, à Salahaddin, au sud de Tripoli, flanquant la base militaire de Yarmouk. Au moins deux corps ont été trouvé à l’extérieur, non-brûlés.

“Malheureusement ce n’est pas la première preuve macabre d’exécutions de détenus dans les derniers jours du contrôle de Tripoli par le gouvernement de Kadhafi”, affirme Sarah Leah Whitson, directrice de la brance Moyen-Orient et Afrique du Nord chez Human Rights Watch.

Selon le témoignage d’un survivant, Abdulrahim Ibrahim Bashir, 25 ans, les détenus ont été exécutés le 23 août à la fin du jour par des soldats de la 32e Brigade se trouvant sur le toit du hangar, ainsi que par un soldat ayant jeté des grenades à l’intérieur depuis l’une des porte du bâtiment.

Un autre survivant, Moiayad Abu Ghraim, 28 ans, affirme que le commandant supervisant le hangar était Muhammad Mansour, de la Brigade Khamis. Aucun des deux hommes ne l’ont rencontré.

La majorité des détenus était des civils accusés de soutenir les rebelles, sans qu’aucune charge ne soit portée contre eux. 

Human Rights Watch rappelle dans son rapport que “selon les règlements humanitaires internationaux, applicables durant un conflit armé, les violences faites aux personnes, en particulier le meutre de tous types de civils et de non-combattants, comme les détenus par exemple, sont toujours strictement prohibés et constituent des crimes de guerre.”

Selon les éléments récoltés par Human Rights Watch, la 32e Brigade “Khamis”, Brigade à laquelle la Belgique a vendu des armes en 2009, serait donc responsable de crimes de guerre. A ce jour, il n’y a pas assez d’éléments pour établir avec quelles armes ces exécutions ont été menées.

Un autre élément à charge de la 32e Brigade est apporté par le témoignage d’un mercenaire touareg dont l’unité fut rattachée à la Brigade Khamis pour disperser les manifestants non-armés à Tripoli : “C’était facile”, affirme nonchalamment le mercenaire, “Nous en tuons trois ou quatre dans les premiers rangs et ils fuyaient tous. C’était très facile.”

update 17 octobre 20h15 : selon un article de Bloomberg, citant le Pentagone, la 32e Brigade était composée de 10.000 hommes. Hors, c’est le nombre 367 qui revient dans la commande passée à la Belgique. 367 F2000, 367 P90 et 367 5.7. Vraisemblablement, ces armes devaient être destinées à une unité particulière au sein de la brigade.

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Le rapport de Human Rights Watch est disponible en anglais.

L’image en tête de cet article est (c) HRW 2011, reproduite uniquement à des fins d’information.

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• an event or thing that causes something to happen: the trigger for the strike was the closure of a mine.

verb [ trans. ]
• cause (an event or situation) to happen or exist.
• cause (a device) to function.

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